Surfaces multi-points
Projet Ritournelles
Le multitouch fait son apparition dans le courant
des années 80, en parallèle à la sortie des premiers ordinateurs personnels
d'Apple. C'est d'ailleurs cette dernière compagnie qui le démocratisera
avec la sortie de l'iphone en juin 2007, après avoir rendu sa fabrication
possible grâce au rachat de FingerWorks avec son cofondateur Wayne
Westerman en 2005.
C'est d'ailleurs cette dernière
compagnie qui le démocratisera avec la sortie de l'iphone en juin
2007, après avoir rendu sa fabrication possible grâce au
rachat de FingerWorks avec son
cofondateur Wayne Westerman en 2005. Il se forme alors un engouement pour
cette technologie auprès des utilisateurs et donc un investissement
considérable de la part des industriels. Le 12 janvier 2008, Microsoft
lève 24 millions de dollars et intègre à la prochaine
version de windows (windows seven) une plateforme multitouch.
La fabrication et l'expérimentation de cette technologie ne reste pas
pour autant l'exclusivité des grands groupes. En 2005, une première vague
annonçant l'apparition du multitouch dans notre quotidien est annoncée
par le groupe de recherche Music Technologie Group avec la réalisation
de la reactable, un instrument de technologie open source basé intégralement
sur un concept de table multi-touch. Depuis, de nombreux outils gratuits
et disponibles sur internet on vus le jour. C'est le cas notamment de
CCV (Community Core Vision, anciennement Touchlib puis Tbeta), un logiciel
de tracking vidéo opensource, spécialement adapté à la détection de doigts
pour les surfaces multitouch et développé par la communauté du NUIGROUP.
L'accessibilité de cette technologie permet aujourd'hui d'introduire aisément
le multi-touch comme projet de travail au sein du groupe ITR, à partir
des caractéristiques intrinsèques liées à cette technologie : gestuelle,
multi-utilisateur, mais aussi à partir de la conception d'une œuvre et
d'un outil ouvert et diffusable.
Tout d'abord, nous proposerons de faire un état des lieux sur l'avancement
du multi-touch à l'ENSAD et au seins du groupe ITR. Celà nous permettra
d'en déduire des points à envisager pour un projet à venir. Enfin, nous
aborderons plus concrètement le projet Ritournelles, oeuvre interactive
explorant le multitouch à travers une dimension nouvelle.
Introduction des surfaces réactives
à l'ENSAD en 2009
En vue de se familiariser avec
la technologie multitouch, une première table tactile à
été réalisée par le groupe ITR au cours de
l'année 2008/2009. Celle-ci permet à l'équipe de
se confronter à un nouveau type d'interface dont les modalités
gestuelles de l'utilisateur changent radicalement par rapport à
des écrans tactiles monotouch. Ainsi, elle donne lieu au développement
d'outils et de librairies logiciels spécifiques permettant de réfléchir
aux problématiques liées à l'occurrence de plusieurs
doigts simultanément sur une surface dans le cadre de la manipulation
de contenu multimédia. Le choix s'est porté sur la conception
d'un premier prototype modulable, facilement démontable et remontable
permettant de faciliter le transport et l'expérimentation des différentes
techniques de captation que la table est capable d'accueillir (FTIR et
DI).
Problématiques de recherche 2009 - 2010
Le groupe ITR s'attache à des
problématiques de recherches spécifiques à l'utilisation
du temps réel dans le cadre de projets artistiques innovants. Il
s'agit tout à la fois de réfléchir sur des dispositifs
qui mettent en évidence des enjeux artistiques forts appuyés
par des recherches alliant design et fonctionnalité, tout en se
confrontant aux obstacles liées aux technologies novatrices mises
en œuvre. Ainsi, cet axe de travail sur les surfaces réactives
proposera de s'intéresser aux environnements réactifs à
échelle humaine. Comment ainsi étendre les surface d'interaction
tout en utilisant intelligemment l'espace ainsi obtenu ? Comment gérer
la présence du corps de l'utilisateur dans un contexte d'interaction
à taille humaine? Quels sont les nouvelles potentialités
d'interaction qui peuvent en découler? Dans ce cadre, nous prévoyons
de travailler sur la réalisation d'une nouvelle interface matérielle
s'affranchissant totalement de la planéité des tables multitouch
habituelles, pour rejoindre une logique d'interaction plus environnementale.
Les verrous technologiques liés à la création d'une
telle interface feront l'objet d'une recherche qui s'articulera en deux
temps. Une première phase de recherche de partenaires, permettant
la résolution des questions d'anamorphoses liées à
la vidéo projection sur surface courbe (recherches optiques, miroirs,
création d'un module logiciel de déformation d'image...).
Puis une seconde phase se concentrera sur le développement d'applications
et d'expérimentations d'interaction spaciales, adaptés spécifiquement
à ce dispositif.
Les problématiques de travail visées pour l'année
2009-2010: - Projection / captation des gestes sur des surfaces de nature
courbes
- Étude de la gestuelle et du corps dans un dispositif à
échelle humaine
- Comportements sociaux dans un espace d'interaction multi-utilisateur
- Exploration des relations espace/temps, son/image à travers l'écriture
d'un instrument environnemental
Le projet "Ritournelles"
Présentation:
Ritournelles fait parti des premiers
projets spécialement développés autour de la nouvelle
surface réactive. L'installation se présente comme un instrument
visuel et sonore environnemental, d'une forme cylindrique et de taille
humaine, offrant d'emblée un rapport fort à l'espace dans
son mode d'interaction avec le spectateur. Objet design à la fois
capable de projeter et de capturer les gestes à sa surface, il
instaure un rapport spatial avec le corps, afin d'engager l'utilisateur
à se déplacer et à contourner le dispositif dans
sa globalité. La ritournelle, courte phrase musicale précédant
le couplet d'une chanson, est basée sur la répétition
d'un motif sonore. Dans Mille Plateaux, les philosophes Deleuze et Guattari
attribuent une fonction reterritorialisante à la ritournelle. Elle
apparaît chez l'enfant comme la répétition d'une courte
phrase mélodique rassurante, décrivant par la même
un périmètre sécurisant, un territoire connu. Ce
terme trouve une résonance à la fois dans le fond et la
forme du projet. En effet, l'utilisateur se trouve dans une logique de
déplacement autour du cylindre et se présente comme l'opérateur
des boucles musicales animant l'espace par la lumière. Cette contrainte
de mobilité permanente dans l'installation incite le spectateur
à explorer les contours d'un objet, à en devenir le moteur
en l'alimentant par la marche.
Scénario de l'interaction:
Chaque occurrence d'une main présente
sur le cylindre fera apparaitre une portée musicale abstraite sur
laquelle l'utilisateur est invité à se déplacer.
De la trace ainsi produite naitra une ligne colorée et vivante
enveloppant l'objet, celle-ci correspondra à un flux de note possédant
leur propore "durée de vie" dans le temps. Une tête
de lecture en mouvement perpétuel balayant le tour du cylindre
déclenchera les notes dans le temps et l'espace, avant qu'elle
ne meurent et disparaissent d'elles même. Elle oblige le spectateur
à toujours rester actif et présent le long du cylindre pour
écouter sa ritournelle. Lorsque aucune main n'est détectée,
un mode autonome prends la relève et l'installation joue les anciennes
partitions enregistrées par les visiteurs. Cette logique de composition
musicale circulaire à déja été expérimentée
sur la table multitouch de l'ensad à travers le séquenceur
Polychroma (http://raphael.isdant.free.fr/polychroma.htm)
Principe de fonctionnement:
Le système repose sur la technologie
FTIR ou DSI adaptée à un écran courbé (http://nuigroup.com/forums/viewthread/1982/).
Un tube PMMA coulé diffuse le rayonnement infrarouge introduit
par des leds, puis réfléchi par les mains des utilisateurs
à la surface. Un couple caméra/projecteur infrarouge est
calibré sur un miroir 360°panoramique afin d'anamorphoser l'image
captée/diffusée.
L'utilisation de rubans de leds prémontées est un système
pratique qui faciliterait grandement la mise en oeuvre du projet (http://www.environmentallights.com/products/12352/
Dimmable_LED_Ribbon_foot_IR940)
Le cylindre possède en son centre deux machines (traitement son/image)
reliées via protocole OSC.
Un système de spatialisation audio ambisonic (6 ou 8 voies) enveloppe
également l'installation de sorte que chaque son accompagne logiquement
l'utilisateur dans ses déplacements circulaires.
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