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Dispositifs scénographiques basés
sur la relation entre image
et utilisation du temps réel
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motion


Corpus | Motion est un dispositif scénographique permettant à deux performeurs de manipuler des images mobiles. Il tisse un lien entre spectacle vivant et performance vidéo en empruntant des formes d’écriture propres à chacun d’entre eux.


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Le projet repose sur le tournage préparatoire d’une performance réalisée par deux danseurs homme et femme. La performance met en avant les tensions issues d’un rapport masculin / féminin qui bascule du simple jeu sensuel à l’émergence d’une confrontation explicite. Corpus | motion propose une relecture à la fois spatiale et temporelle de cet instant brut. Sur scène les deux performeurs manipulent à l’aide de leurs mains ou d’accessoires les images du tournage qui apparaissent comme peintes directement dans l’espace de la scène. Leur moyen d’action est double: tout en modifiant la configuration spatiale des formes, ils agissent aussi sur le déroulement et le traitement des images.




projet de recherche

Le projet Corpus | motion fait suite au projet Corpus A, dispositif interactif présenté en 2009 au festival e-magiciens de Valenciennes. Corpus, étymologiquement “le corps”, désigne aussi un ensemble de documents, définition que nous élargissons ici à la notion de média. Corpus | Motion se situe entre ces deux acceptions, à la fois projet dont le sujet est la représentation du corps mais aussi ensemble d’éléments audiovisuels regroupés dans l’optique de leur manipulation.


Performance visuelle

Les vidéos filmées en plan fixe, explorent de nouveaux territoires dans la représentation visuelle de la danse. Elles étudient les relations possibles entre deux corps qu’un cadre visuel vient fragmenter. Pas de chorégraphie écrite au centre de l’attention, mais des dialogues physiques entre deux êtres, tantôt individualisés, tantôt confondus. Chacun se posant alternativement comme la prothèse de l’autre, les performeurs imaginent des scénarios, jouent des fragments et des possibilités d’expression liées au langage de la vidéo : collage, symétrie, allers-retours, envers/ endroit, répétitions. Ici la danse n’est pas forcément un objet fugace et éphémère puisqu’elle s’inscrit sur le support vidéo, qui amène avec lui son propre langage. Les déformations possibles du corps se voient décuplées par l’image filmique. Celle-ci nous permet de définir une présence nouvelle des corps, de reconstruire la temporalité au sein de l’oeuvre, de révéler au public ce qui est peu visible, jusqu’aux détails des mouvements corporels les plus imperceptibles.


enjeux artistiques liés au temps réel

Un ensemble de développements techniques et numériques ont été élaborés pour permettre une écriture et une scénarisation temps réel de l’oeuvre. Les performeurs, dotés d’accessoires détectés par le biais de la technologie infrarouge, interviennent directement sur la diffusion des media dans l’espace scénique. Chaque typologie d’accessoire induit une rhétorique gestuelle, qui définit une typologie possible d’écriture de la vidéo dans l’espace. Les gestes capturés en temps réel par la caméra s’appliquent à l’image de manière abstraite. L’ensemble des procédés de diffusions utilisés, : fragmentation, vitesse de lecture, rémanence et symétrie temporelle sont autant d’éléments formant une grammaire poétique de l’image. Les performeurs explorent les possibilités d’un langage chorégraphique presque invisible, qui dissèque compose, fouille, révèle ou nous cache la réalité des corps filmés devenus malléables. Leurs gestes codifiés à peine perceptibles, apparaissent en filigrane derrière un écran qui tout en prenant corps à son tour, les dessaisis du leur.


création sonore

La composition sonore est, tout comme la partie visuelle, le fruit d’un travail préparatoire réinterprété en direct. Chacune des identités masculin/féminin dispose de son identité sonore propre. Celle-ci est élaborée à partir des prises de son direct, effectuées lors du tournage, et de synthèses vocales dont chacune des particules est étirée pour ne laisser entendre qu’une nappe continue. Pareillement aux images projetées, l’accent est ici mis sur les textures. Chaque nouveau fragment vidéo qui apparait tend à complexifier l’expression sonore globale. Ainsi, les mouvements des différents supports de projection interfèrent avec l’espace sonore. Toutefois, l’écriture sonore ne traduit pas littéralement ce qui est donné à voir, mais s’attache à créer un langage qui lui est propre. Elle reste liée à la vidéo et à la performance tout en gardant son autonomie. Des liens se tissent entre les différents espaces mis en son (studio/ performance), donnant cette étrange sensation d’y être plongé, ces changements de points d’écoute permettant ainsi de mieux suivre son histoire. Le mixage et la spatialisation nécessaires à cette création originale sont effectués à l’aide’d’un outil, ‘Méandres’,conçu spécifiquement pour l’occasion.


scénographie

L’enjeux scénographiques du projet motion se situe dans la mise en relation des performeurs avec l’espace de représentation de l’image au sein d’un espace physique. Il ne s’agit pas de construire un espace par l’image, mais plutôt d’établir une possibilité d’existence de cette image au sein d’un espace partagé avec le corps des danseurs. L’image est projetée sur une surface immatérielle, dans le cas présent un tulle dont ne se perçoivent pas les limites physiques. Ce dispositif permet tout à la fois de maintenir la présence physique de la scène, en particulier sa profondeur, et d’établir un jeu direct entre le corps réel du performeur et le corps cadré par la représentation vidéo. Dans cette optique, le travail sur la lumière représente un enjeu essentiel. Répondant à de nombreuses contraintes technologiques (projections vidéo, utilisation de l’infrarouge), Il doit avant tout permettre la fusion entre réel et représentation au sein de l’espace perçu par le spectateur.


 
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